Chapitre 1 Ŧ

Chapitre 1 Ŧ




Aussi deux autres fictions .

Une avec les TH [ X ] .
Une sans les TH [ X ] .



Chapitre 1. Première Impression.

3 Septembre. Jour de la rentrée. Je me l'avoue, j'angoisse terriblement. Les classes seront différentes, je risque de me retrouver seule, parmis une vingtaine d'inconnus. Ca n'est pas que les rencontres avec des gens que je ne connais pas encore me dérangent. Non, mais je n'aime pas leur regard. Ils me regardent toujours bizarrement, du coin de l'oeil parce que, moi, j'ai décidé de ne pas faire partie du troupeau de moutons, d'être différente, d'être moi, tout bonnement. Avant je n'avais pas peur. J'avais Katrine, ma meilleure amie. Toutes les deux, nous avions choisi les mêmes options afin d'être sûre d'être ensemble cette année. Mais voilà, son père a reçu une promotion exceptionelle. Toute sa famille, Katrine avec, a déménagé loin, trop loin, d'ici. Aujourd'hui, je suis seule. Seule à attendre que la foule d'adolescents devant les listes se dissipe. J'attends, je ne m'agglutine pas aux fenêtres comme eux pour savoir le plus vite possible avec qui et où je passerai les dix mois prochains. Me faire bousculer comme eux, ça ne m'interesse pas. J'attendrai...

- C'est qui cette Eline Furlich?, dit une voix grave derrière moi.

Je ne prends pas la peine de me retourner pour l'observer, et encore moins pour me signaler. Il découvrira bien assez tôt qui je suis. Les listes sont enfin accessibles. Je m'avance. Je jette un rapide coup d'oeil et repère directement mon nom. Je parcours le reste de la feuille, que de parfaits inconnus.
Je regarde ma montre, 8h28. Il sonne dans moins de deux minutes. Je commence donc à me diriger vers ma salle de classe. Je rentre. Tous les élèves sont déjà là, à parler entre eux. Je m'installe sur le dernier banc libre, au fond de la classe, près de la fenêtre. Le titulaire arrive, tout le monde se tait et rejoint sa nouvelle place. Chacun se présente : prénom, nom, hobby, ... Je n'écoute pas. Ca ne m'interresse pas de savoir que un tel chante sous sa douche et que tel autre aime jouer au flipper le soir dans les bars, quel que soit son prénom. Seule une voix grave me sors de mes rêveries. Celle que j'ai entendue tout à l'heure prononcer mon nom. Je relève la tête que j'avais posée dans mes mains. Il est plutot mignon. D'un style trop hip-hop pour moi et il porte des dreadlocks. Je remarque tout de suite son nez. Pourquoi, je n'en sais rien, il me semble parfait son nez. Je n'ai pas entendu son nom. Je me concentrais trop sur son physique. J'apprend quand même qu'il aime le rap mais qu'il joue de la guitare dans un groupe de rock. Je trouve ce mélange étrange. La fin de sa présentation n'attire plus mon attention. Il parle de filles, je crois. Je commence à étudier le visage des autres. Aucun n'atteint le charme et la beauté du guitariste. Ils sont banals, sauf deux autres garçons et une fille. J'apprend que le premier s'appelle Zac, un grunge. Le mystère se cache dans ses yeux bruns. Il a le visage bien fait, ni trop rond, ni trop allongé. Ses cheveux ne me plaisent pas, une coupe à la Beatles. Le deuxième porte des bijoux. Je ne trouve pas ça beau sur les garçons, mais il fait ce qu'il veut. Ses longs cheveux qui lui tombent devant les yeux lui donnent un certain côté effeminé. La fille, elle, semble distante. Elle me fait penser à moi, mais en plus noire. Son maquillage a déjà coulé. Peut-etre a-t-elle pleuré ce matin en découvrant les listes? Je ne sais pas, et ne le saurai probablement jamais.
La sonnerie retentit hors de la classe. La matinée touche à sa fin. Les élèves se lèvent et se dirigent vers la porte pour aller déjeuner. Chaque groupe se dirige vers des tables différentes. Moi, je m'assied à l'écart, en solitaire. Je n'aime pas la compagnie d'inconnus, encore moins quand je mange. Le guitariste et l'androgyne marche dans ma direction. Il me demande si ils peuvent s'assoir près de moi. Je n'ose pas refuser, les chaises à coté de moi ne m'appartiennent quand même pas. Ils parlent entre eux. Je ne comprend pas pourquoi ils sont venus près de moi. Le dreadeux me dit alors d'un coup:

-Tu es pas mal toi quand même dans le genre!

Je rougis. Je n'ai pas l'habitude de recevoir de tels compliments, aussi directs.

-Je m'appelle Tom. Lui, c'est mon jumeau, Bill. Et tu es..

-Eline.

-Enchanté Eline. Ce soir, il y a une petite fête. Biensur elle sera bien arrosée. Pleins de monde va venir, surtout des filles d'ailleurs. Pas étonnant vu mon physique. Enfin, tu vois ce que je veux dire, dit-il en m'adressant un clin d'oeil.

Je ne lui réponds pas. Si il y a bien un défaut que je ne supporte pas c'est la prétention. Je me lève et vais faire un tour dehors pour m'aérer. Je l'entends qui crient mon prénom, je ne me retourne pas.
Je retrouve la cour de récréation. Ce grand espace de verdure. Tous ces sentiers qui ont été abandonnés deux longs mois. Je suis heureuse d'être dans ce Collège. Loin de la pollution, presque au milieu des vaches. J'ai toujours vécu à la campagne, j'y resterai. Je m'assied sur un banc. Il flanche sous mon poids mais ne tombe pas, grace à l'appui du mur derrière. Je ferme les yeux. Je respire à pleins poumons. Que c'est agréable. J'écoute. Rien. Absolument rien ne vient perturber cette atmosphère paisible. Si. Des pas. Des pieds qui trainent. Quelqu'un qui s'assied sur le banc, à ma droite.

-Salut.

Je lui réponds, d'un air grognon. De quel droit vient-elle me déranger.

-Bonjour.

C'est une fille de ma classe, celle qui semblait distante du reste du groupe. Ses cheveux bruns lui tombent sur les épaules. Avec leurs boucles, ils semblent légers, flottants. Son visage a rougi depuis qu'on est assise dehors. Peut-etre à cause du froid, ou peut-etre qu'elle est à l'aise. Cependant, son maquillage n'a pas bougé, toujours étalé sous ses yeux, comme d'horribles cernes. Elle m'attriste avec son regard de chien battu.

-Tu n'es pas comme les autres, me dit-elle sans aucune explication.
-Toi non plus.

On rigole. Cet échange de mots nous rend heureuse. On reste là, en silence. On profite. Etrangement, une simple présence peut soulager. Elle est là. Je me sens bien. Pourtant, je ne la connais pas.

-Je ne connais même pas ton nom.
-Annah. Eline?
-Comment tu le sais?
-Mon petit doigt.
-Tu aimes la classe?
-Tu apprendras à l'apprécier, moi aussi.

Nous échangeons nos avis sur les élèves. Nous tombons toujours d'accord. Sauf pour les deux prétentieux. A vrai dire, Bill, je ne sais pas s'il se vante tout comme son frère. Mais, des jumeaux, c'est des jumeaux, ça se ressemble! Elle est dans leur classe depuis le début de ses rénovés. Je me trompe, selon elle.

-Tom n'est pas prétentieux, Bill encore moins. Juste fiers.

Je n'y crois pas. Déjà rien que leur regard en dit long. Je n'insiste pas. J'ai ma propre idée sur la question, et Annah ne me fera pas changer d'opinion. On se lève du banc. Il a sonné, les cours vont reprendre.
L'après-midi passe à une vitesse désespérante. J'étudie le moindre détail du parc qu'on aperçoit de ma place. Je me souviens de ces journées entière, quand j'avais entre trois et six ans, passées dans ce genre de parc. Avec mes cousins, nous jouions à n'en plus finir. Toboggans, balançoires, tourniquets, châteaux forts, grottes, lacs. Tout nous amusait. Jusqu'au jour où mon cousin, Erwan, s'ouvrit la tête sur une pierre. Plus jamais nous n'y sommes retournés, dans un parc. Je détourne mon regard et le reporte sur le professeur d'Anglais qui s'apprête à distribuer les objectifs de l'année.

-Vous allez bien, mlle?
-Pardon? Je pleurais, mes yeux étaient rouges. Oui, oui. Excusez-moi.

Je suis devenue le centre de l'attention. Tous les regards me visent. J'ai horreur de ça, d'être une m'as-tu-vu.
A mon grand bonheur, le professeur nous annonce la fin des cours et nous autorise à ranger nos affaires. Je sors aussi rapidement que mes jambes me le permettent. Je fuient tous ces yeux qui me fixaient. Tom pique un sprint et ralentit pour marcher à mon rythme.

-Alors comme ça, tu comptes nous voler la vedette?







Ce n'est qu'un début. Pas terrible. Désolée.
J'avais besoin d'écrire. Ca m'a soulagée.
Je ne sais pas si je publierai une suite. Elle existe déjà dans ma tête.
Elle y restera peut-etre . =)

# Posté le mercredi 27 juin 2007 13:13

Modifié le samedi 09 février 2008 04:04

Chapitre 2

Chapitre 2
Les jours passent. Les semaines. On approche des fêtes. Tom et son frère Bill, je ne les supporte plus. Ils ne comprennent pas. C'est pourtant évident. Leur façon de se pavaner à toutes les occasions qui se présentent m'agace. Même devant les professeurs, ils ressentent le besoin de se montrer plus puissants. Ils en deviennent parfois irrespectueux et insultants. La prof de math, une femme très sensible, s'est même enfuie en pleurant vers les toilettes, il y a de ça deux semaines. Tellement ils avaient été odieux. C'est pour dire. Ils me révoltent.

Demain matin, examen de mathématiques. Je n'ai pas le coeur à étudier. J'appelle Katrine, elle me manque. Je ne lui ai pas encore téléphoné jusqu'à maintenant. Rien que le fait de penser à elle me brûlait les entrailles. L'entendre, alors qu'elle se trouve à des centaines de kilomètres de moi, aurait été une torture. Je ne voulais pas qu'elle m'entende pleurer. Aujourd'hui, j'ai besoin d'avoir de ses nouvelles.

-Allô?
-Allô, Katrine? C'est moi, Eline.
-Ma puce! Ca fait tellement longtemps que j'attends de tes nouvelles.
-Je sais. Comment ça va en Autriche?
-Oh, tu sais c'est comme l'Allemagne. Juste que tu retrouves plus d'Autrichiens. Et toi? Raconte-moi. Je veux tout savoir sur ce qu'il se passe chez nous.

Ca me fait mal de l'entendre dire 'chez nous'. Elle ne reviendra sûrement jamais et elle le sait. Mais je ne lui fais pas remarquer.

-Tu sais, ça n'a pas vraiment changé depuis ton départ. Juste deux-trois arrogants en plus.
-Arrogants? Ca m'interesse, ils sont souvent canons.
-Euh.. C'est que.. euh..Oui, ils le sont! Mais ils sont tellement insupportable, Katrine!
-Peut-etre qu'ils sont gentils au fond. Tu verras, au fil du temps. Je suis désolée, je dois te laisser. A bientot.

Et elle raccroche sans me laisser le temps de lui dire au revoir. Je suis déçue. Nous deux, c'est plus comme avant. Cinq mois d'absence, ça se ressent. Je me promet que les prochaines vacances, je les passe en Autriche, chez elle.
J'ouvre un de mes cahiers. Je le referme tout de suite. Toutes ces formules, tous ces chiffres et théorèmes me donnent le tournis. Je m'allonge sur mon lit et m'endors.
Le lendemain, je me réveille à 8h15. Mon réveil n'a pas sonné. Je me dépèche de me préparer. Je m'habille. Mais pas le temps de me coiffer ni de me maquiller. Je fonce dans la voiture de ma mère, mon sac dans une main, un toast dans l'autre. C'est vraiment le jour, moi qui ai bien besoin de mes quatre heures pour répondre aux examens de math. Quand j'arrive en classe, les copies sont déjà sur mon banc, je me mets donc immédiatement au boulot.
Midi. Je remets mon travail au surveillant et sors pour rentrer chez moi, avec, au ventre, le sentiment d'avoir raté tout, de A à Z ou plutot de 0 à l'infini.

-Tu n'as pas envie de sourire, pour une fois, Eline?

C'était Bill qui s'était dépéché de venir m'avoir la porte. Qu'est-ce qu'il peut m'exaspérer alors lui. Je boude si je veux, non? De quoi il se mèle. Et puis, les portes, moi aussi je sais les ouvrir. Je le regarde dans les yeux, d'un regard noir. Je m'en vais.
Tom, lui, ne m'adresse plus la parole. Peut-être que je ne suis pas digne d'un tel homme? Laissez-moi rire. Je ne m'en porte pas plus mal. Je n'ai pas à endurer plusieurs vannes débiles et cochonnes toute la journée.
Depuis le début de l'année, je ne me suis fait qu'un ami. Zac. Vous savez, le grunge. Maintenant que je le connais mieu, je le qualifierais plutot de Original, ça lui convient mieu. C'est le seul dans la classe à penser comme moi, le seul à ne pas admirer nos deux petits musiciens en herbe que sont Bill et Tom les prétentieux. Il ne les hait pas comme moi. Non, il ne les admire tout simplement pas, mais il comprend tout à fait ma haine. Zac, je n'ai pas besoin de lui expliquer quoi que ce soit, il me comprend, en regardant le fond de mes yeux. C'est ce que j'appelle l'amitié. Les rumeurs sur nous vont bon train mais ça nous est égal. Nous ne sommes pas faits pour nous aimer, et nous le savons. Ca s'arrête là. Ce que tous peuvent dire, on s'en contre-fout.
A la sortie du collège, quelqu'un court pour me rattraper. Zac, justement. Je l'invite passer l'après-midi chez moi comme demain c'est le week-end.
Zac tombe, tout ses cours sont étalés sur le sol trempé. Je cherche la cause de sa chute. Je ne mets pas longtemps à trouver. Tom s'éloigne d'un pas pressé sans regarder derrière lui. Je le hais. Il ne s'en tirera pas comme ça.

-Retrouve-moi à la maison. Je ne serai pas longue.
-D'accord, me sourit Zac.

Il ne me pose pas plus de questions. Je lui en suis reconnaissante, je suis pressée. Je me précipite, Tom est déjà loin devant. Je l'aggripe violemment à l'épaule, pour l'obliger à se retourner. Il semble très énervé. Il baisse la tête quand il me voit. Il regarde ses pieds. C'est la première fois que je le vois comme ça. Il n'est plus sûr de lui comme il l'a toujours été.

-Pourquoi tu as fait ça?
-C'est un con, Zac!, me dit-il en relevant la tête.
-Mais il ne t'a absolument rien fait.
-Oh si. Bien plus que tu ne le penses...princesse.

Il se dégage de ma prise, ma main était restée sur son épaule, et il s'éloigne.



Une suite?
Vielleicht. Vielleicht nicht.
Vous choisissez.

# Posté le jeudi 28 juin 2007 05:18

Modifié le jeudi 28 juin 2007 16:59

Chapitre 3

Chapitre 3
Chapitre 3 : La révélation.

[ Première partie ]

La classe n'est pas assez soudée, tel est l'avis des délégués. Ils choisissent de préparer un grand souper. Quoi de mieux pour Noël ? L'idée ne m'enchante pas, je m'y rendrai par solidarité et par respect. Ils ont dépensé pas mal d'énergie et passé du temps sur ce projet. Tout de même, j'aurais préféré une soirée tranquille, devant la télévision, les jambes étendues, sirotant un cocktail fait maison. Programme à retenir pour l'an prochain.

24 décembre. 19h15. J'arrive. Je suis en retard et m'en excuse. Je l'avais prémédité. L'attente ennuyante et longue des autres invités n'est pas ma tasse de thé. Je dépose le gros cadeau qui m'encombrait les bras au pied du sapin. Je retrouve Zac qui s'est logé sur un pouf, au coin de la salle. Je m'installe sur ses genoux. On attend que l'ambiance soit lancée. A notre grande surprise, elle grimpe très rapidement. En seulement quelques minutes, la plupart danse sur les tables en chantant à tue-tête.

-Tu veux quelque chose à boire?

Zac et moi n'avions pas bougé d'un pouce. Nous deux, se trémousser comme eux? Non, mais, vous nous avez bien regardés? =)

-Un bacardi.

Je me lève. J'ouvre le frigo, prends deux bouteilles. Je retourne m'assoir au fond de la salle. On boit, on se saoule presque. Joyeuse, je discute 'rock' avec les filles. Quelqu'un me fait pivoter en m'attrapant l'épaule. Tom me parle, Bill à sa gauche. Je comprends qu'il m'invite à une balade dans les bois. La boisson me faisant tourner légèrement la tête, je ne trouve pas l'idée mauvaise. J'accepte donc. Je préviens Zac, qui se rapproche sérieusement d'Annah, et prends mon manteau avant de sortir, accompagnée des jumeaux.

Arrivés à l'orée de la forêt, ils s'arrêtent déjà et s'asseyent dans les feuilles mortes que l'automne a volées aux arbres. Ils ne voulaient pas se promener? Je garde ma question pour moi et les rejoins. Je m'assieds entre eux deux, les jambes croisées à l'indienne. Bill tire quelque chose de sa poche que je n'arrive pas bien à distinguer dans l'obscurité. D'un coup, une flamme s'allume, puis un point lumineux plus rougeâtre. Bill l'approche lentement à ses lèvres. J'ai compris. Ils ne voulaient pas se promener, non. Ils voulaient fumer. Mais pourquoi m'avoir inviter alors.

-T'en veux ? Bill me tend le joint que je refuse d'un mouvement sec de la tête.

Ils ne disent plus rien. Ils s'attendaient à ce que je tire, au moins une fois.

Peu à peu, la discussion reprend. Les deux petits gars prétentieux que je connais avaient laissé la place à deux jeunes cools qui voulaient faire connaissance avec moi. J'en oublie toute la haine que j'éprouve pour eux. Je les trouve quand même cons. Pourquoi ils fument, ça leur sert à quoi d'abord.
Depuis que je suis petite, je me suis promis de ne jamais toucher à ça. Je ne tiens jamais mes promesses que je me fais. Celle-là sera l'exception.
Quoique.. Ca fait quel effet de fumer ? Juste une fois. Je ne risque rien après tout ...

-Je peux quand même avoir une taffe, je demande timidement au bout d'un grand moment de réflexion à les observer.

Tom me le tend, un sourire triomphant pendu aux lèvres. Il pense sûrement que je suis une petite droguée comme eux. Je tire un gros coup sur le pétard, garde la fumée dans mes poumons le plus longtemps que je peux et je recrache. J'ai terriblement envie de tousser, ma gorge me picote mais je me retiens.

-Je le savais, me dit-il tout simplement.

Je ne réponds pas. Je n'ai pas envie de lui dire que c'est ma première fois. De toute façon, il ne me croirait pas.

Zac nous appelle. L'heure est à l'échange des cadeaux et au souper. Nous rentrons. A l'intérieur, tous sont affalés devant le feu ouvert. Je prends un coussin avant d'aller me réchauffer près d'eux. Ca me rapelle ces veilles de Noël où j'étais obligée de donner de gros bisoux à oncles et tantes pour les remercier. Au souvenir de ces soirées, je souris.
Je reçois enfin mon paquet. Je n'ose pas le déballer et découvrir ce qu'il renferme. J'ai peur qu'il s'agisse de quelque chose d'impersonnel et de quelconque. Je prends mon courage à deux mains. Je détache délicatement l'étiquette qui soutient le papier craft. J'ouvre, en fermant les yeux. 1. 2. 3... Je regarde. L'album d'Indochine! Je rigole. Je suis heureuse. Je me tourne vers Zac et l'embrasse tendrement sur la joue. Je sais que c'est de lui, le cadeau. Je le voulais tant ce cd. Il avait tout arrangé, j'en suis sûre.

On me demande à l'aide pour dresser les tables. Je donne un coup de main. Je n'ai pas faim. Je reste gentiment assise, accoudée au bar, pendant que tous mangent. Tom arrive, Zac derrière lui. Ils se sont probablement expliquer ces deux-là.

-Une vraie balade au clair de lune, ça te tente princesse?

J'accepte avec enthousiasme. Bill nous accompagne. On marche une bonne vingtaine de minutes. Je reste toujours aux côtés de Tom. C'est plus fort que moi.

-Alors, comme ça, tu fumes depuis longtemps?
-Pas tant que ça. Je sais c'est débile. J'aime juste l'ambiance que ça peut amener dans un groupe. Et toi, tu as l'air de t'y connaitre aussi, ma belle.
-Je.. euh.. non, pas vraiment.

Je suis gênée. Je fuie son regard, j'observe autour de moi. Nos deux compagnons ont disparus. Je ne m'en inquiète pas. Ils sont bien assez grands et forts pour se défendre. Tout de même, je tire le bras de Tom pour qu'il s'arrête. On ne sait jamais. Je ne me sens plus en sécurité si loin dans le village, dans le noir. Il me regarde, de l'incompréhension plein les yeux. Il saisit. Il me sourit et me prend dans ses bras. Je me retire doucement pour le regarder, pour savoir ce qu'il pense à cet instant précis. Je vois, ses yeux chocolat, pétillants de tendresse. Mon ventre se retourne. Ca me plait. Il se baisse très lentement vers moi. Je me rapproche de lui. Nos visages ne sont plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre.

Début d'une suite
Avant que je m'en aille.

# Posté le samedi 30 juin 2007 03:33

Modifié le mardi 17 juillet 2007 11:41

Chapitre 3

Chapitre 3
Chapitre 3 : La révélation.

[ Deuxième partie. ]

- Oh, les gars, venez vite voir, on a attrapé un hérisson !

Zac sort d'un buisson. Bill le suit, une boule de pics portée à bout de bras. Nous reculons d'un pas, chacun de notre côté. Espérons qu'ils n'aient rien remarqué.
On continue à se promener pour revenir au bout d'une petite heure à la place du village où tous nous attendaient.

-Attention au frisbee. ELINE !

Et merde. Ca fait mal. Je viens de me ramasser un Objet Volant Non Identifié en pleine face. Je saigne.
Et re-merde. Bill m'attire dans la cuisine pour nettoyer ma plaie. Nous sommes seuls, devant l'eau qui coule dans l'évier.

-Ne t'approches pas trop de Tom.
-Mais, je...
-Pchtt. Je vous ai vu tout à l'heure. Ce n'est pas que j'ai pas envie que tu sortes avec mon frère....

Je le coupe :

-Mais c'est le cas!
- Mais il est pris, et j'ai promis à sa copine de le surveiller, me dit-il d'un regard noir.
-C'est bon, je n'avais pas l'attention de le toucher ton grand frère chéri, surtout s'il dort déjà dans un autre lit!

Je le laisse seul. Pourquoi m'a-t-il dit ça? Moi qui pensait que... Non. Il vaut probablement mieu que je l'oublie.
Tom n'a pas l'air du même avis. Peut-être parce qu'il est sous l'effet de l'alcool et de la drogue. Il me confie que je lui plais et ne me lache plus de la soirée. D'un côté, ça m'agace. De l'autre, je voudrais qu'il vienne encore plus près de moi, qu'il me serre fort et qu'il ne m'abandonne jamais plus.
La suite de la fête se déroule dans la salle principale, tous assis à terre en cercle. Je le dévore des yeux. Alors qu'il joue de la guitare, au milieu de nous tous comme à une veillée de camp scout, Zac me glisse discrètement quelques mots dans l'oreille gauche. Si discrètement que je n'ai rien entendu. Je tourne la tête vers lui, il interprète mon regard vitreux que me donne toutes les substances que j'ai ingurgitées en quelques heures seulement en regard de "celle qui fait semblant de ne pas avoir compris".

-Ne fais pas l'innocente comme ça, tu l'aimes et tu le sais.

Je baisse les yeux et regarde le sol. Je me surprends à me découvrir un certain intérêt pour les dalles du carrelage. Zac a décidément appris à me connaitre extrêmement vite, il m'avait observé et avait rapidement compris ce qui captivait tant mon regard.
Maintenant, il rigole, et de bon coeur en plus.

-Et tu trouves ça marrant? De toute façon, il n'est pas fait pour moi et il est pris. Alors, on oublie. Fin de l'histoire.

Je me vexe faussement, je ne peux pas vraiment lui en vouloir. Tout de même, l'alcool rend parfois mes réactions plus agressives que voulu. Et comme je sens la colère monter peu à peu en moi, je me lève et vais respirer l'air frais de l'hiver.
Ma mère ne tarde pas à arriver. Elle ne tenait pas à rester éveillée bien tard juste pour mes beaux yeux. Son sommeil, c'est sacré. Je ne prends même pas la peine de saluer les autres. Je prends mon sac et m'en vais. Je les remercierai plus tard. En janvier, à la rentrée probablement. Quand je commence à culpabiliser d'être partie ainsi à la va-vite, je me rapelle de cette expression qu'on me disait toujours quand j'étais petite et que je ne voulais pas aller présenter mes excuses auprès de quelqu'un qui, je m'imaginais, ne les accepterait pas, arrivées trop tard. "Vaut mieu tard que jamais."
Ma mère m'interroge, elle veut connaitre les moindres détails de ma soirée. Elle stoppe après quelques malheureux instants qui lui ont fait comprendre que je n'étais pas d'humeur à lui résumer tous mes faits et gestes de ces dernières heures.
Arrivées à la maison, c'est à peine si je ne me précipite pas vers ma chambre pour m'y enfermer et m'endormir immédiatement, encore toute habillée.

Le reste de mes vacances je les passe chez moi, en pijama. A lire, écouter de la musique ou jouer de la guitare. J'apprends. Je ne joue pas particulièrement bien, je dois bien l'avouer alors je m'exerce, encore et encore. Je suis un peu jalouse à l'idée que Tom se débrouille bien mieu que moi. J'ai toujours été la première toute catégorie. Jusqu'à mes 13ans, j'obtenais les meilleurs résultats scolaires, j'étais la plus sportive, la plus cultivée, ...Aujourd'hui bien des choses ont changé et je ne l'accepte pas. Je me bats pour que tout redevienne comme avant. Ce que je voulais, je l'avais. A présent, même si je voulais être avec lui, je ne le serais pas. Je n'ai aucun pouvoir sur lui.
Je rumine, nostalgique. Je me remémore toutes mes victoires, toutes savourées. Quand, soudain, un chautouillement à la cuisse gauche me fait sursauter. Une bonne dizaine de secondes s'écoulent avant que je réalise qu'il s'agit du vibreur de mon portable. Surement à cause du manque d'habitude, il est rare que je recoive des appels. J'extirpe avec peine mon téléphone de ma poche de pantalon trop moulant à mon goùt. *Numéro inconnu*. Malgré ma répugnance et mon angoisse à parler à des gens dont j'ignore l'identité, je décroche. Pour je ne sais trop quelle raison.

-Oui, Allô?
-Oui. Euh. C'est Tom à l'appareil. Je voulais.. Enfin, je veux dire. Euh. Je voudrais savoir si tu avais déjà quelque chose de prévu pour l'après-midi de mercredi prochain.
-Non. Je n'ai encore rien planifié. Pourquoi cela?
-Il faudrait que tu passes chez moi alors. Je t'attends pour 14h30. A mercredi.
-Okay, mais où est-ce que tu...

Il avait raccroché, me laissant patauger dans mes pensées. Chez lui? C'est où? Et puis, pour quoi faire?

# Posté le samedi 14 juillet 2007 15:01

Modifié le mardi 17 juillet 2007 05:38

Chapitre 4

Chapitre 4
Chapitre 4 . Gustav, Tom, Bill, Georg. Les Tokio Hotel?

Je laisse échapper un grogement. Il ne m'a encore jamais téléphoné, encore moins invité chez lui. Ca m'intrigue. Je décide de chercher son adresse dans le botin. Tant pis si ça doit me prendre un petit temps pour trouver leur adresse. Après tout, Kaulitz n'est pas un nom si courant dans les environs.
Dix minutes plus tard, je note l'adresse sur un petit bout de papier que je glisse dans une poche de mon porte-feuille. Je colle un post-it en face de mon bureau pour me rappeler d'être à l'heure. D'ici mercredi, je risque fortement d'oublier.

Ce soir, mardi soir, Annah loge chez moi. J'ignore pourquoi je l'ai invitée. Je l'apprécie beaucoup, mais elle n'est pas une amie pour moi. Peut-être que, inconsciemment, je ressentais le besoin d'une présence féminine. En effet, depuis le départ précipité de Katrine, ma meilleure amie, ma seule amie d'ailleurs, je n'ai plus aucun contact proche avec des filles de mon age.
Annah joue du piano, le son n'est pas remarquable, l'instrument qui trône dans mon couloir est un peu désaccordé. Für Elise résonne dans toute la maison. Je regarde par la fenêtre les arbres dénudés par le vent et le froid. L'hiver m'inspire le calme le plus total. Quand Annah finit, je lui propose d'aller dormir, il se fait tard.
Le lendemain matin, je me réveille au son du téléphone fixe. Je ne me lève pas pour aller décroché, juste pour me venger de la personne qui a osé me réveiller à cette heure-ci. Quelle heure d'ailleurs? Merde, 13h47. Moins de trois quarts d'heures pour me laver, m'habiller, me maquiller très légèrement certes, mais me maquiller quand même, manger un bout, trouver leur maison. Tout ça avec Annah qui est encore chez moi. Elle n'aura qu'à m'accompagner chez les jumeaux, au moins, je ne serai pas pétrifiée si elle me tient compagnie. Je la secoue donc et la préviens qu'il ne nous reste plus qu'une grosse demi heure pour nous apprêter et nous rendre chez les Kaulitz.
Quelques instants plus tard, nous sommes sur le chemin. Annah qui connait bien la ville nous guide vers la rue que je lui ai indiquée. On arrive enfin devant la maison qu'on cherchait. On ouvre la barrière en bois qui nous barre l'accès. La maison semble banale mais à la fois décorée à mon gout. Blanche et simple, avec de grandes fenêtres qui donnent sur le jardin de devant. Annah ne trouve pas la sonnette, elle frappe trois grands coup sur la porte. A peine a-t-elle retiré sa main que la porte s'ouvre. Un garçon que je n'ai jamais vu nous ouvre la porte. Il semble un peu plus vieux que nous mais pas de beaucoup, 18/19 ans, tout au plus. Son visage un peu rond me fait craquer. Il est mignon. Il porte une casquette grise, un t-shirt de marque de la même couleur, un jean et des basquettes. Un homme comme je les aime, quoi.

-Tu as du te tromper d'adresse Eline! me chuchote Annah à l'oreille.
-Surement, oui. Mais peut-être que je peux vous renseigner, répond aimablement le garçon, souriant, à la remarque d'Annah qui rougit timidement.
-Pourquoi pas, vous devez surement les connaitre. Nous cherchons le domicile de Tom et Bill Kaulitz, ça vous dit quelque chose?
-Eux?!

Il me parcours du regard, de la tête au pied. Une étincelle s'allume au fond de son oeil. Une étincelle, comme quand quelqu'un se rapelle un bon souvenir.

-Ah, je comprends. Entrez.

Moi, je ne comprends plus. Qui c'est ce gars tout mignon qui nous a si gentiment acceuilli? Il nous débarasse de nos manteaux qu'il pend au vestiaire. Nous le suivons à l'étage.

-Qu'est-ce que vous avez foutus? Vous êtes restés longtemps en-bas!
-Je croyais qu'il s'agissait d'une erreur. Je n'aurais jamais cru que deux filles aussi canons se déplaceraient pour toi.
-Deux? demande Tom, ignorant la pic que son ami lui avait lancé.

Il remarque alors seulement la présence d'Annah, il me lance un regard interrogateur mais ne pose pas de question.

-Gustav, je te présente Eline et Annah, des filles de ma classe. Eline, Annah, je vous présente Gustav, batteur de mon groupe.
-Enchanté.
-Salut. =)

Je regarde Gustav dans les yeux. Ils sont terriblement beaux. Bon, pas autant que ceux de Tom, mais tout de même. A première impression, Gustav a l'air véritablement gé-nial, et c'est rare que je pense ça à la première rencontre.

-Eline... tu m'écoutes ou pas? Tom me sort de mes pensées.
-Heu désolée. Tu disais?
-Je disais que je t'avais demandé de venir pour écouter notre musique. Nous, les Tokio Hotel!

Tiens, Tokio Hotel. Ce nom ne m'est pas inconnu, je sais que je l'ai déjà entendu.

-Putain, Eli'. Tokio Hotel. C'est le groupe que j'ai entendu à la radio l'autre jour.

Annah n'en revient pas. Je suis bouche bée, je ne la crois pas. Gustav et Tom sont pliés en deux, pris d'un fou rire quand Bill arrive dans la pièce, en grande discussion avec un brun, plutôt fort, aux cheveux lisses. Pas trop mon style. Il se présente comme étant Georg, le bassiste.

-Bon. Ben, puisque tout le monde est enfin là, si on descendait au sous-sol? propose Gustav.
-Bonne idée.
-On te suit.

A la cave, Gustav prend place derrière sa batterie, Bill son micro, Tom et Georg se saisissent de leur instrument. Et ils commencent à nous jouer morceaux sur morceaux. Tous sont mieu les uns que les autres. Bill chante extrêmement bien, sa voix me donne des frissons. Je n'y avais jamais prêter d'attention. Gustav aussi est doué. Je ne m'y connais pas beaucoup, pour ne pas dire pas du tout, en batterie, mais il m'épate.
A la dernière chanson, Annah et moi applaudissons comme deux hystériques.

-Alors, c'est qui les meilleurs?! se vante Tom.

Pour une fois je ne dis rien. Il a bien raison d'être fier de son groupe, de ses chansons. C'est magnifique.
Georg dépose sa basse contre le mur en silence et disparait dans la cage d'escalier, sans explication. Les autres connaissent certainement ses raisons puisque personne ne le suit. Pour cause, seulement quelques minutes plus tard, Georg est de retour, et avec une bonne surprise. De quoi se désaltérer. Nous nous installons dans des divans, dans la pièce à côté, et commençons à boire. Nous ne bougeons pas de là. Nous passons des heures entières à parler de tout et de rien, du ciel, des oiseaux et du beau temps. Au soir, le ventre d'Annah gargouille. Nous éclatons de rire, elle rougit. Bill se décide à réagir.

-Pizzas livrées! Ca dit quelqu'un?

Des « MOI !! » fusent de partout.
Hawaii, forestière, margherita, bolo, 4fromages... Nous avons droit à tout, sans exception. On déguste. On se goinfre comme des porcs surtout. L'estomac bien rempli, fatiguée, je repose ma tête sur l'épaule, bien confortable soit dit en passant, de Gustav et m'y endors .




Pix [x]
Hypothèse(s) de suite? =)

# Posté le dimanche 15 juillet 2007 09:23

Modifié le lundi 23 juillet 2007 12:09